Paule Mackrous a été invitée par le Studio XX à explorer les archives Matricules et à formuler pour nos lecteurs un Point de vue de lecture.

« [...]il [l’artiste fantastique] n'invente réellement que dans les limites du connu, avec les moyens du connu. »
Marcel Brion, L’art fantastique, p. 27

Le XX fantastique

Introduction

Image du document "Maid in Cyberspace"

Image de la présentation sur le Web 2.0

En visionnant les documents les plus anciens conservés dans les archives Matricules du Studio XX, je remarque d’entrée de jeu la volonté de rendre plus accessibles aux femmes artistes les technologies numériques. L’ordinateur graphique et ses différents dispositifs, considérés d’abord comme des énigmes à résoudre, deviennent rapidement des outils dont s’approprient les femmes pour leur création artistique. De pair avec cette volonté de démystification, dont témoignent notamment les nombreuses présentations offertes lors des Salons Femmes br@nchées, il est fascinant de constater qu’une grande part des créations artistiques répertoriées dans Matricules génère une expérience de ce que j’appelle ici le fantastique qui, au contraire, penche du côté de la mystification. Si le métier à tisser Jacquard est à l’origine de la matrice des ordinateurs, je réalise combien le fantastique exprime un lien intime entre les femmes et les technologies.

J’emploie le terme fantastique au sens large, celui-ci n’ayant pas tout à fait la même signification lorsqu’il s’agit des arts visuels, du cinéma ou encore de la littérature. Les œuvres que contiennent ces archives sont multimédias. Les différents exposés et conférences conservés en format vidéo franchissent les frontières d’une seule discipline. C’est donc à la multitude de sens et à l’ouverture de la forme fantastique que je me suis référée pour créer ce parcours dans les archives Matricules. Le fantastique, en arts visuels, est un genre qui fut grandement exploré et représenté par les artistes hommes. Le XX fantastique est une invitation à voir la manière dont les artistes femmes, par l’utilisation des technologies au sein de leur création, se sont réapproprié, peut-être un peu à leur insu, la forme d’art du fantastique. Ce thème, moteur de ma réflexion sur les documents, n’est qu’une lorgnette parmi tant d’autres par laquelle il nous est permis de découvrir ces archives. Il faut donc garder à l’esprit qu’un tel projet implique toujours de faire des choix qui laissent dans l’ombre beaucoup de choses pendant qu’ils permettent de rendre vivante une toute petite portion des archives. Bonne navigation!