Paule Mackrous a été invitée par le Studio XX à explorer les archives Matricules et à formuler pour nos lecteurs un Point de vue de lecture.

« Le mythe en tant que créateur de personnages et qu'inventeur d'événements, est une inépuisable source de fantastique. »
Brion, L'art fantastique, p.243

Le XX fantastique

Mythes

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Le mythe est une source d'inspiration importante pour les artistes dont les œuvres s'inscrivent dans la forme d'art du fantastique. En même temps que l'art offre de multiples actualisations du mythe, le mythe permet, à son tour, de réfléchir sur le média et le contexte dans lesquels il s'actualise.   Steina Vasulka réitère le mythe de Lilith dans une œuvre vidéographique. Lilith, dans la mythologie féministe, est la « première femme libre » puisqu'elle s'est enfuie d'Adam pour retrouver son indépendance. Dans la vidéo de Vasulka, elle se dissout dans la nature de sorte que l'on distingue difficilement les contours d'une figure sur un fond. Le bruit nous empêche d'entendre l'histoire qu'elle raconte. L'œuvre crée une passerelle entre la nature, la technologie et une figure symbolique du féminisme qui transcende l'histoire : le corps de Lilith est nature, mais il est aussi technologie. Le fantastique génère également ses propres mythes. Je pense aux personnages virtuels créés par Martine Neddam : Mouchette et David Still. Ces personnages deviennent des figures mythiques pour lesquelles les frontières entre la réalité et la fiction, le virtuel et l'actuel, l'homme et la femme, deviennent désuètes. Tous peuvent incarner les personnages. Martine Neddam entame son exposé en disant « je suis David Still », ce qui est ni faux, ni vrai, ni tout à fait réel, ni tout à fait fictionnel. Cette porosité des frontières est propice au déploiement d'un effet fantastique.