Paule Mackrous a été invitée par le Studio XX à explorer les archives Matricules et à formuler pour nos lecteurs un Point de vue de lecture.

La survivance : « Souvent un phénomène se répète à des époques très éloignées avec une similitude surprenante, du moins par son sens profond, même si le costume a changé. »
Burckhardt, Considérations sur l'histoire universelle , p.61

Le XX fantastique

Survivances

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Explorer les archives Matricules, c'est un peu comme prêter une oreille indiscrète pendant que l'œil regarde par le trou de la serrure. Au fil des premiers Salons Femmes br@nchées , dont les événements ont été pour la plupart filmés et retransmis dans les archives, c'est tout un univers qui se profile. Ces femmes découvraient des dispositifs technologiques et des interfaces qui, aujourd'hui, sont d'usage commun ; par exemple, le CD-Rom, la plateforme communicationnelle Facebook ou l'apparition plus récente d' Ile sans-fil, un organisme à but non lucratif s'étant donné pour mission de fournir un Internet gratuit et sans-fil à la population montréalaise.   La nouveauté technologique surprend toujours. Dans le regard de ces femmes, je découvre ce qui m'est aujourd'hui tout à fait familier ; comme si l'effet de surprise avait pu survivre malgré la récente banalité du sujet exposé. Ainsi, regarder les documents archivés, c'est réactualiser la découverte.   Parcourir les archives, c'est aussi saisir l'atmosphère d'une époque, d'une année, voire d'une soirée. En juxtaposant les documents, sans trop se soucier d'une chronologie, on aperçoit également les manières de faire qui perdurent, les rituels qui s'actualisent et qui se répètent malgré les visages qui ont changé.   Les archives possèdent d'emblée quelque chose de fantastique, voire fantomatique. Les archives sont un amas de survivances qui attendent le retour à la vie.